Paso Jama, plus haut que le Mont-Blanc et en vélo !

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Commencer à 14 heures la journée de vélo n’est jamais une bonne chose, surtout après un repas gargantuesque. Le ventre ballonne, les jambes ne sont pas en rendez-vous. Et pourtant, 1200 m de dénivelée sont à parcourir. La pluie tombe et durcit nos jambes également. La cuesta de  Barcena nous met à rude épreuve avec des virages à plus de 11 %. Les hôtels au bord de la route nous aguichent mais nous résistons à la tentation. Et comme par miracle, le vent nous pousse jusqu’à Purmamarca, patrimoine mondial de l’humanité. A 20 heures, on s’offre une petite hospedaje et un restaurant pour reprendre des forces.

Le lendemain, nous profitons du site exceptionnel avec en point d’orgue, la montagne aux sept couleurs : formation de terre extravagante partagée avec les montagnes désertiques et les cactus. Cédric s’engage dans une montée périlleuse avec ses crocs pour prendre quelques clichés du site.

On continue notre odyssée dans les montagnes avec la cuesta Lipan et ses 2 000 m de dénivelée. Mais l’enjeu en vaut la chandelle. « Les salinas grandes » nous tendent les bras. Ce col est vraiment dur, long, haut. L’énergie déployée pour atteindre l’altitude finale de 4 170 m est phénoménale. Des pentes comme le col Agnel côté italien, pour les connaisseurs… Un couple d’allemand s’arrête spontanément pour nous offrir une bouteille d’eau. 5h25 sur le vélo pour 34 km de montée, la moyenne n’est pas haute, mais soulagés d’avoir passé cette difficulté dans la journée, avec des pourcentages réguliers à plus de 12 %. Record d’altitude pour Tessa, et en vélo pour Carole et Cédric.

Puis, la route traverse le salar en deux : d’un côté de l’eau, de l’autre une étendue blanchâtre avec des petits monticules de sel. Accueillis par les ouvriers du sel, nous dormons sur le Salar de Salinas Grandes dans un ancien restaurant entièrement construit en sel.

Le lendemain, le paso malo à 3 900 m est court mais toujours avec de forts pourcentages. La quebrada de cactus est somptueuse. Les lamas, les vigognes et les ânes sauvages nous accompagnent tout le long de la route.

Susques, village minier semble laisser à l’abandon. Et pourtant, une vingtaine de mines (or, fer, cobalt…) entourent le village. Néanmoins, il semble que l’argent ne soit pas redistribué pour le village. Les égouts coulent dans les rues. Les habitations et les habitants ne nous réservent pas un accueil des plus bienveillants. Un canadien, expert en forage minier, nous conseille d’acheter l’eau car l’environnement n’est pas une préoccupation des exploitants miniers. Et comme l’Etat ne contrôle pas, les rivières des bassins versants sont sans doute contaminées. Nous décidons rapidement de sortir du village pour aller camper 5 km plus loin.

Nos corps s’acclimatent très bien à l’altitude et à l’effort. Aucune alerte de ce côté-là ! Tant mieux. Tessa est en pleine forme. On monte tranquillement les 14 km du col de la journée, puis descente sur le salar d’Olaroz. Magnifique ! Cependant, le vent, souvent favorable ces derniers jours, nous fait face avec des éclairs en toile de fond. Carole se fait une petite contracture au mollet. Ainsi, nous décidons de nous arrêter à une ferme. Nous sommes autorisés à camper. Ouf ! Les enfants regardent notre équipement avec émerveillement. Vivre ici à 4 030 m, loin de toute civilisation, dur dur… On se réfugie rapidement dans la tente, car il fait froid et le contact avec les adultes est plutôt difficile. Néanmoins, le lendemain, l’homme de la ferme, que nous n’avions pas vu la veille, se rapproche de nous et discute librement. Les chèvres montent sur les murs et Tessa regardent cela avec étonnement.

Nous enchainons par une succession de cols dont le point culminant avoisine les 4 830 m avec le Paso de Jama. Nous ne savons pas exactement où il se situe et les locaux aussi. Le vent fort nous oblige à nous réfugier dans un mirador en face de la laguna. Point de vue exceptionnel que nous quittons pour un nouveau col où Carole commence une petite hypoglycémie. Elle titube… Normal, elle avait mâché des feuilles de coca, elle avait donc perdue tout appétit. Mais au final du col, un groupe belge nous offre une tablette géante de Lindt, Toblerone, et une bouteille de vin rouge. Incroyable ! A ces belges, vraiment sympas !

Nous décidons de camper au dernier col à 4 850 m derrière un monticule de terre. Alors que nous sommes couchés depuis un moment, des phares éclairent la tente à 22 heures. Ce sont des employés de la DDE Chilienne. Ils nous informent que c’est un site pour entreposer les engins, et qu’exceptionnellement, nous pouvons rester jusqu’au lendemain. Mais à 5 heures du matin, ils reviennent après avoir contrôlés tous les sites du secteur. Nous devons partir. Nuit noire, – 10°C, la tente est gelée. Ils nous proposent de descendre avec eux à San Pedro de Atacama. Nous nous exécutons… et quelle frustration de ne pas dévaler les 2 400 m de dénivelée. Nous serons donc les stakhanovistes de la montée de cette épopée montagneuse.

Les plus : le très beau site de Purmamarca, la Quebrada de Paso Malo, l’équipe belge et tous les décors de cette semaine!

Les moins : Très mauvaise impression du village de Susques, hypoglycémie de Carole

L’anecdote du moment : un camion s’arrête au bord de la route en pleine nature. Il monte dans sa benne, il jette des poubelles dans l’herbe et puis repart. Sans commentaire.

6 jours de montée à vélo et on loupe la très grande descente sur San Pedro de Atacama. Quelle frustration !

2 Commentaires

  1. sylvie
    15 mars 2012 - 19 h 55 min | Permalien

    Félicitations pour cette montée extraordinaire. Vous êtes vraiment les meilleurs
    gros gros bisous

  2. I Palmacci
    16 mars 2012 - 14 h 07 min | Permalien

    Super !!! Quel courage !! Un gros bisous à notre poupée !
    Bisous !

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