Huayana Potosi, 6 088 m

jason eclaire les andes

L’aventure commence à la « casa de cyclista ». Rencontre avec Jason, un cycliste anglais en provenance de Californie qui partage avec nous l’appartement. Il n’a aucune expérience de la montagne, mais est très motivé pour partir avec moi.

Nous partons ensemble pour le refuge de Huayna Potosi, sans guide, mais libre comme l’air dans ce beau massif.

La neige tombe toute la journée, la nuit. Nous n’avons pas fermé l’œil de cette courte nuit. 30 cm se sont accumulés, et le départ à 2h30 du matin ne change rien : la neige ne s’arrête toujours pas. Nous sommes malgré tout déterminés et marchons dans les traces des groupes accompagnés de guide. Heureusement, car nous ne voyons pas à 10 mètres. Jason s’arrête à de nombreuses reprises pour apaiser son estomac perturbé. Nous récupérons tous les groupes une heure plus tard, partis pourtant 1h30 avant. Le froid redouble d’intensité avec les rafales de vent. Des conditions très hivernales à 6 000 m d’altitude, c’est chaud pour une première pour Jason. Il découvre les crampons, le piolet, la corde… Mais tant que la patate est chaude, tout roule. Pas le temps pour la réflexion.

La pente atteint les 60° et nous la traversons en devers. Pas évident, car l’espace pour les crampons est minimal, et le droit à l’erreur interdit. Les crevasses, 50 mètres plus bas nous accueilleraient avec grand plaisir. A chaque pas, j’entends Jason dire « wait », néanmoins sans jamais craquer. Il pose avec grande minutie son piolet. Il a vite compris que cette canne améliorée était synonyme de vie.

Avec une telle détermination de la part de mon compagnon de cordée, je me sentais obligé de continuer, même si au sommet, je savais qu’il n’y aurait rien à voir, hormis nos crampons et le blanc de la neige et du ciel.

Nous atteignons l’arête finale. Nous décidons, personnes présentes sur le fil de l’arête de ne pas s’engager dans les ultimes mètres de l’ascension. En effet, nos crampons ne tiendraient pas plus de 2 pas sur cette neige poudreuse. Les quelques mètres manquants du sommet seront pour une prochaine fois !

Retour au refuge, avec nos traces déjà effacées par le vent et la neige. Le temps pour quelques clichés car à la montée, nous avons préservés notre énergie et notre concentration.

Bravo à Jason, qui pour une première, a été très bon, dans des conditions difficiles.

 

Les plus : Bravo aux guides qui ont su trouver la bonne route dans une nuit blanchâtre

Les moins: bad night in the refuge!

Histoire du moment : Les tombes rencontrées sur la route, appartiennent aux mineurs tués par l’Etat en 1965, qui luttaient contre leurs conditions précaires de vie.

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